De violentes détonations ont troublé la nuit de mercredi à jeudi aux abords de l’aéroport international de Niamey. Des tirs nourris et plusieurs explosions ont été signalés peu avant minuit, provoquant un important dispositif sécuritaire autour de l’infrastructure stratégique, avant un retour progressif au calme dans la capitale nigérienne au petit matin.
S’exprimant à la télévision nationale après une visite sur la base aérienne, le chef des autorités militaires du Niger, Abdourahamane Tiani, a directement mis en cause les présidents français, béninois et ivoirien. Il les a accusés d’être à l’origine de cette attaque, sans toutefois présenter d’éléments matériels pour étayer ses déclarations. Un discours ferme, assorti de menaces de représailles, qui laisse voir les dessous de la dégradation des relations entre Niamey, certains pays voisins et l’ancienne puissance coloniale.
Selon des sources sécuritaires, l’incident est qualifié d’attaque terroriste. La zone autour de l’aéroport a été rapidement bouclée et placée sous haute surveillance. Malgré la tension, la vie quotidienne a repris son cours dans la ville, où commerces et établissements scolaires ont rouvert, en dehors du périmètre sécurisé.
Les autorités ont assuré qu’aucun stock sensible n’avait été touché, notamment l’uranium entreposé sur le site depuis plusieurs années en vue de son exportation. Des compagnies aériennes ont néanmoins signalé des dégâts matériels mineurs sur certains appareils stationnés sur le tarmac au moment des faits, sans faire état de blessés, l’attaque étant survenue hors des heures de vol.
Dans son intervention, Abdourahamane Tiani a également salué l’action des forces russes présentes sur la base, affirmant qu’elles avaient contribué à la sécurisation de leur secteur. Depuis l’arrivée au pouvoir des militaires, le Niger a progressivement rompu avec ses partenaires occidentaux et renforcé sa coopération sécuritaire avec Moscou, à l’image d’autres pays du Sahel.
Le Niger, comme le Mali et le Burkina Faso, reste confronté aux violences de groupes armés affiliés à des organisations djihadistes, malgré les changements d’alliances et de stratégie opérés ces dernières années.


