À Abidjan, Laurent Gbagbo a effectué sa première apparition publique ce mercredi 10 septembre, depuis l’annonce du rejet de sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025. L’ancien président ivoirien a convié à son cabinet de Cocody plusieurs figures politiques également écartées du scrutin par le Conseil constitutionnel.
À ses côtés, ses plus proches collaborateurs — Assoa Adou, Hubert Oulaye, Koné Katina, Dano Djédjé, Ackah Emmanuel et Maître Touré Habiba — ont pris part aux échanges. L’ex-chef d’État a notamment reçu Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, une délégation du PDCI-RDA représentant Tidjane Thiam, ainsi que des émissaires de GPS, le mouvement de Guillaume Soro.
Les discussions ont porté sur les suites de la décision constitutionnelle qui a exclu Gbagbo et Thiam de la compétition, en raison de leur absence de la liste électorale, tandis qu’Affi N’Guessan a été écarté pour défaut de parrainages. Sur soixante candidatures initiales, seules cinq ont été retenues : Alassane Ouattara, Simone Ehivet Gbagbo, Ahoua Don Mello, Henriette Lagou et Jean-Louis Billon.
Pour Gbagbo et ses alliés, ces exclusions traduisent une remise en cause du pluralisme politique. Selon des sources proches du PPA-CI, les consultations visent à élaborer une « stratégie concertée » afin de répondre à ce qu’ils considèrent comme un rétrécissement de l’espace démocratique. Les délégations reçues ont salué cette initiative, la décrivant comme un signe de responsabilité dans un climat tendu.
La tension politique ne cesse de monter à un mois du scrutin. Depuis Paris, Tidjane Thiam a dénoncé « des dénis du droit » et un « assaut permanent contre la démocratie », accusant le régime Ouattara de verrouiller le jeu électoral. Le pouvoir, pour sa part, rejette toute ingérence et défend l’indépendance du Conseil constitutionnel, tout en accusant l’opposition de « chercher la déstabilisation ».
Alors que le président sortant brigue un quatrième mandat largement critiqué, l’opposition tente de maintenir le dialogue et la cohésion. La rencontre initiée par Gbagbo pourrait marquer le point de départ d’un front commun, dans une Côte d’Ivoire où l’incertitude politique reste entière à l’approche du 25 octobre.


