À l’heure où une photo, un nom ou un numéro peuvent faire le tour des réseaux sociaux en quelques secondes, la question de la protection des données personnelles s’impose avec acuité. À Notsè, ce lundi 23 février, journalistes, directeurs de publication et responsables de médias ont pris le temps de s’arrêter sur cet enjeu majeur, à l’initiative de l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP).
Dans la salle, les échanges ont été directs, concrets, parfois introspectifs. Comment informer sans exposer inutilement ? Comment enquêter sans franchir la ligne rouge du respect de la vie privée ? Autant de questions qui ont rythmé cet atelier, organisé autour du rôle des médias dans la promotion d’une véritable culture de protection des données.

Une quarantaine d’entreprises de presse, issues aussi bien du secteur public que privé, ont répondu présentes. Un signal fort dans un contexte où la transformation numérique bouleverse les pratiques journalistiques. Collecter, traiter, publier : chaque étape implique désormais une vigilance accrue face aux risques d’atteinte à la vie privée.

À l’ouverture des travaux, le préfet de Haho, Tchangani Awo, a salué une initiative qu’il juge essentielle pour renforcer les compétences des professionnels des médias. Il a rappelé que la crédibilité de la presse repose aussi sur sa capacité à conjuguer liberté d’informer et responsabilité.

Le président de l’IPDCP, le colonel Bédiani BELEI, a pour sa part insisté sur la réalité du terrain : les journalistes manipulent quotidiennement des informations permettant d’identifier des personnes, parfois sans mesurer toutes les implications juridiques. Protéger les données personnelles, a-t-il souligné en substance, ne revient pas à restreindre la liberté de la presse, mais à garantir un équilibre entre droit à l’information et respect de la dignité humaine.
Le représentant de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), Olivier A. YAO, a encouragé les participants à s’approprier les outils et les repères présentés, afin de devenir des relais éclairés auprès du public.
À travers cette étape à Notsè, l’IPDCP poursuit un objectif clair : ancrer durablement au Togo des réflexes responsables face à la circulation des données. Créée par la loi de 2019 sur la protection des données à caractère personnel, l’institution veille à la conformité des traitements et à la défense de la vie privée. Dans un paysage médiatique en pleine mutation, elle mise sur la pédagogie et le dialogue pour bâtir un environnement numérique plus sûr, où informer ne signifie jamais exposer.


