La 11e édition des travaux de la plateforme Solution Think Thank(STT), axée sur la gestion des crises par la CEDEAO, s’est achevée ce jeudi 16 mai à l’hôtel sancta maria de Lomé.
Pendant quatre jours, experts et représentants des pays membres ont discuté des défis et des inefficacités actuelles dans la gestion des crises régionales. La rencontre a révélé la nécessité d’une réforme des mécanismes de sanctions pour une meilleure efficacité.
L’un des principaux points abordés lors de cette rencontre par les panelistes (Youssef OUATTARA, Dr Mariam Camara et Victor Emmanuel EKWA BEBE III ) a été la question des sanctions imposées par la CEDEAO lors de crises, telles que les coups d’État. Les pannelistes ont souligné que les sanctions actuelles sont souvent aveugles et impactent injustement les populations civiles sans atteindre les objectifs escomptés. Ils ont plaidé pour des sanctions plus ciblées, visant spécifiquement les responsables des violations, plutôt que des sanctions globales qui pénalisent l’ensemble des populations.

Monsieur Hervé AKINOCHO, Directeur du Centre de Recherche et de Sondage d’Opinions (CROP) et président du comité d’organisation du STT 11, a exprimé la nécessité de revoir les textes régissant les sanctions pour garantir une application uniforme et standardisée à tous les pays membres. Il a noté que l’application incohérente des sanctions crée des frustrations et des sentiments d’injustice parmi les États membres.
« Nous avons observé que les mêmes règles ne sont pas appliquées de manière cohérente à tous les pays lors des crises. Certains États sont sévèrement sanctionnés tandis que d’autres bénéficient de dialogues et de tolérance, ce qui est perçu comme une politique de deux poids, deux mesures », a-t-il déclaré.

A en croire Monsieur Youssef OUATTARA, membre de STT de la Côte d’ivoire, paneliste, la gestion plus efficace des crises nécessite une réforme des protocoles actuels pour qu’ils soient appliqués de manière rigoureuse et non émotionnelle. Il a recommandé de standardiser les règles et d’assurer leur application équitable.
Parmi les propositions clés formulées lors de cette édition figurent :
–Cohérence dans l’application des sanctions : Appliquer les sanctions de manière uniforme à tous les États membres pour éviter les sentiments de favoritisme ou d’injustice;
–Sanctions ciblées : Privilégier des sanctions spécifiques contre les responsables des crises plutôt que des sanctions globales qui affectent l’ensemble des populations;
–Révision des protocoles : Mettre à jour les textes juridiques pour assurer qu’ils soient adaptés aux réalités actuelles et appliqués de manière efficace;
–Dialogue continu : Encourager un dialogue continu entre la CEDEAO et ses États membres pour anticiper et gérer les crises de manière proactive.

Aucours des travaux de cette 11 ème édition, la production de « policy papers » ou documents politiques ont été publiés et disponibles sur le site officiel du réseau , à consulter ici: https://solutionthinktank.org/policy-papers/. Ces documents servent d’instruments pour plaider en faveur de réformes et pour proposer des solutions pratiques aux défis régionaux et sont destinés à informer et guider les décideurs politiques, les scientifiques et la société civile.

Notons que cette rencontre a été marquée par des distinctions faites par le Président du comité d’organisation et une passation de main entre le Togo, pays hôte organisateur et le Bénin qui abritera la 12 édition de STT, s’en est suivie.
Soulignons que STT est un réseau d’excellence, rassemblant un réseau de penseurs africains et occidentaux qui organise ses rencontres deux fois par an.
Pour Rappel, la prochaine édition (STT 12) se tiendra en octobre au Bénin et sera consacrée au changement climatique.


