Le président français Emmanuel Macron a plaidé vendredi pour que l’Union européenne (UE) reconnaisse le droit à l’avortement comme un droit fondamental dans sa Charte. Il s’exprimait à Paris, lors d’une cérémonie symbolique où le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a gravé le droit à l’avortement dans la Constitution française, après l’adoption d’une révision constitutionnelle par le Parlement lundi.

“C’est le début d’un combat que nous allons mener sur notre continent, dans notre Europe, où les forces réactionnaires veulent remettre en cause les droits des femmes, avant de s’en prendre aux droits des minorités”, a déclaré Macron, à l’occasion de la Journée internationale de la femme. Il a ajouté qu’il souhaitait “inscrire cette liberté garantie à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne”.
La Charte européenne des droits fondamentaux, qui a été proclamée en 2000 et qui est juridiquement contraignante depuis 2009, ne mentionne pas explicitement le droit à l’avortement. Elle stipule que “toute personne a droit à la vie” et que “toute personne a droit au respect de son intégrité physique et mentale”. Elle reconnaît également le droit à la santé, à la dignité et à l’égalité entre les hommes et les femmes.
Le vote du Parlement français, qui a réuni les deux chambres lundi, a inscrit le droit à l’avortement dans l’article 34 de la Constitution française, qui énumère les domaines de la loi. Il précise que “la loi détermine les conditions dans lesquelles la liberté garantie à la femme de recourir à l’avortement est exercée”. Le droit à l’avortement est légal en France depuis 1975, et il est largement accepté par la population, qui le soutient à plus de 80 % selon les sondages


