En visite officielle à Moscou, le président malien de la transition, le colonel Assimi Goïta, a été reçu lundi par Vladimir Poutine au Kremlin. À l’issue d’un long entretien entre les deux dirigeants, plusieurs accords ont été signés, marquant une étape décisive dans le resserrement des liens entre Bamako et Moscou.
Malgré un volume d’échanges encore modeste, le chef du Kremlin s’est montré optimiste, saluant une dynamique « clairement ascendante » dans les relations bilatérales. Selon lui, des opportunités concrètes existent pour intensifier la coopération dans des domaines clés tels que l’énergie, les ressources naturelles, la logistique ou encore l’exploration géologique.
L’un des points phares de cette rencontre reste la signature d’un accord dans le secteur de l’énergie nucléaire. Moscou et Bamako ambitionnent de développer un projet de centrale à faible puissance, de conception russe, afin de répondre aux besoins énergétiques du pays ouest-africain. Ce partenariat vient s’ajouter à d’autres projets déjà engagés, comme la construction d’une raffinerie d’or – soutenue par la Russie – dont les travaux ont récemment débuté.
Pour Assimi Goïta, cette infrastructure représente un levier essentiel pour un meilleur contrôle de la chaîne de valeur aurifère, dans un pays qui reste l’un des plus gros producteurs d’or du continent, sans toutefois disposer à ce jour d’une raffinerie répondant aux standards internationaux.

Sur le plan sécuritaire, la coopération russo-malienne s’inscrit dans un contexte de retrait des forces françaises et onusiennes du pays. Si le groupe paramilitaire Wagner, autrefois très présent, a récemment annoncé son retrait du territoire malien, son successeur – le Corps africain – assure encore une présence active aux côtés des autorités de Bamako.
Cette nouvelle séquence dans les relations russo-maliennes traduit une volonté commune d’approfondir une alliance stratégique, à la fois politique, économique et sécuritaire, dans un contexte régional marqué par la recomposition des équilibres diplomatiques et la recherche de nouveaux partenariats.


