Alors que les équilibres géopolitiques se redessinent, l’Union européenne et le Canada renforcent leurs liens. Ce lundi, un sommet exceptionnel s’est tenu à Bruxelles, réunissant la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, Antonio Costa, et le Premier ministre canadien, Mark Carney. L’enjeu : définir une nouvelle architecture de coopération face aux défis partagés.
Contrairement aux rencontres bilatérales traditionnelles, ce sommet marque une inflexion stratégique. Au cœur des échanges, la signature d’un partenariat inédit en matière de sécurité et de défense, une première entre l’UE et un pays des Amériques. Ce cadre de coopération couvrira plusieurs champs : gestion des crises, cybersécurité, sécurité maritime et spatiale, désarmement, et soutien conjoint à l’Ukraine.
Les deux parties entendent également ouvrir la voie à un accord numérique global. Objectif : harmoniser les règles sur les données et bâtir un socle commun en matière de régulation technologique, de protection des consommateurs et de gouvernance de l’intelligence artificielle. Une réponse concertée face à des positions divergentes, notamment celles des États-Unis sur les modèles réglementaires européens.
Autre signal fort : le Canada devrait désormais accéder au programme européen SAFE, un mécanisme d’achats conjoints doté de 150 milliards d’euros, destiné à renforcer les capacités stratégiques du continent.
Ce rapprochement entre Bruxelles et Ottawa intervient à la veille du sommet de l’OTAN à La Haye, et dans un contexte de tensions croissantes liées à la guerre en Ukraine, à l’instabilité au Moyen-Orient, et à l’éventualité d’un changement de leadership à Washington.
Dans une déclaration commune, les deux partenaires ont réaffirmé leur attachement aux valeurs démocratiques, à la stabilité globale, et à la construction d’un ordre international fondé sur des règles partagées.


