Une nouvelle luire fais volte face sur le Niger. Mercredi, le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte au pouvoir depuis la destitution de Mohamed Bazoum en juillet 2023, a officiellement été investi président de la République. Cette cérémonie, qui s’est déroulée au centre international de conférences Mahatma Gandhi à Niamey, marque le début d’un mandat de cinq ans, encadré par la Charte de la refondation du Niger.
Devant une assemblée composée majoritairement de militaires, quelques civils et des délégations étrangères, dont les représentants des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), Abdourahamane Tiani a affirmé sa volonté de consolider l’indépendance du pays. « Nous entamons un nouveau départ dans l’affirmation de notre souveraineté », a-t-il déclaré dans son discours d’investiture.
Cette accession au pouvoir repose sur la promulgation de la Charte de la refondation du Niger, un document issu des assises nationales organisées entre le 15 et le 20 février. Désormais, cette charte supplante la Constitution et régira le pays durant la période de transition. Elle prévoit notamment que la durée du mandat présidentiel actuel, fixée jusqu’en 2030, pourra être ajustée en fonction de la situation sécuritaire et des impératifs de la refondation nationale.
L’un des changements majeurs introduits par cette nouvelle loi fondamentale concerne la présence militaire étrangère au Niger. Désormais, toute implantation étrangère nécessitera une consultation populaire par référendum. Toutefois, le président pourra autoriser, par décret, le déploiement temporaire de forces armées étrangères après consultation du Conseil consultatif de la refondation.
Immédiatement après son investiture, Abdourahamane Tiani s’est promu au grade de général d’armée, un décret ayant été signé dans la foulée pour officialiser cette décision. Ce geste symbolique illustre la consolidation de son autorité à la tête du pays.
Les premières mesures du nouveau chef de l’État ne se sont pas fait attendre. À peine investi, il a signé deux décrets majeurs : la dissolution des partis politiques, une décision radicale qui modifie profondément le paysage politique nigérien, et la libération de certains prisonniers civils et militaires, dont les noms n’ont pas encore été dévoilés.
Pendant ce temps, Mohamed Bazoum, le président déchu, demeure détenu dans sa résidence officielle au palais présidentiel de Niamey. Depuis son renversement le 26 juillet 2023, il refuse toujours de reconnaître la légitimité du régime militaire.
Avec cette investiture, le Niger entre dans une phase de transition où les défis sont nombreux : consolidation de la souveraineté, refonte des institutions, stabilisation sécuritaire et repositionnement diplomatique. Si l’objectif affiché est de rebâtir un État plus autonome et résilient, l’avenir du pays dépendra des décisions stratégiques prises par les nouvelles autorités dans les mois à venir.


