Des affrontements ont éclaté vendredi dans la capitale de la région d’Amhara, Bahir Dar, entre les forces gouvernementales éthiopiennes et des miliciens, marquant ainsi les premiers combats depuis le début du conflit l’année dernière. Les autorités régionales ainsi que les habitants ont confirmé cette escalade de la violence, qui survient après des mois de tensions dans la région.
Depuis juillet, l’armée éthiopienne est engagée dans un conflit avec les insurgés de la milice Fano, un affrontement qui a déjà causé la mort de plus de 200 personnes l’année dernière, selon les rapports des Nations Unies.
Malgré les déclarations répétées des responsables gouvernementaux affirmant que la situation était sous contrôle, des rapports de la commission des droits de l’homme nommée par l’État ont signalé des flambées récurrentes de violence, notamment des attaques de drones et des raids menés par les forces gouvernementales dans les zones périphériques de la capitale.
Dans un communiqué publié vendredi, le gouvernement d’Amhara a déclaré que l’armée fédérale et les forces de sécurité régionales étaient engagées dans une opération conjointe visant à éliminer les « forces extrémistes » qui se seraient infiltrées dans Bahir Dar. Les autorités ont affirmé que ces groupes n’ont pas pu résister à la force combinée des forces de sécurité, laissant derrière eux des pertes humaines et des armes abandonnées.
Les habitants de Bahir Dar ont signalé avoir entendu des tirs d’armes lourdes tôt le matin, mais la situation est depuis redevenue calme. Les routes sont actuellement fermées et les transports sont interrompus dans la ville. Des combats ont également été rapportés dans la ville voisine de Merawi, à 36 km de Bahir Dar, mais la situation y est également désormais apaisée.
Les porte-parole du gouvernement et de l’armée éthiopiens n’ont pas encore commenté cette escalade des combats. De même, il n’a pas été possible de contacter la milice Fano, qui ne dispose pas de structure formelle.
Ces récents affrontements à Amhara surviennent moins d’un an après la conclusion d’un accord de paix en novembre 2022 visant à mettre fin à la guerre civile de deux ans dans la région voisine du Tigré. Les miliciens de Fano, qui avaient initialement combattu aux côtés de l’armée contre les forces tigréennes, sont désormais en conflit avec le gouvernement fédéral, alimentant ainsi les tensions dans la région.


