Le dialogue politique engagé au sein du Cadre Permanent de Concertation (CPC) traverse une nouvelle zone de turbulence au Togo. Le parti Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI) a décidé de suspendre sa participation, dénonçant un processus fragilisé par un manque de confiance et des pratiques jugées contradictoires sur le terrain.
Officiellement, le CPC se veut un espace d’échanges entre majorité et opposition pour apaiser les tensions politiques. L’ADDI affirme y avoir participé « de bonne foi », en proposant notamment une révision constitutionnelle consensuelle et une refondation du cadre de dialogue.
Mais pour son leader, Aimé Gogué, les signaux envoyés par les autorités ne traduisent pas une réelle volonté de changement. Le parti pointe notamment l’empêchement de Brigitte Adjamagbo-Johnson de tenir des réunions dans la région des Savanes, un fait jugé incompatible avec l’idée d’un dialogue inclusif.
À ces tensions s’ajoutent des accusations de détournements de fonds publics relayées dans l’espace médiatique, renforçant, selon l’opposition, le sentiment d’un déficit de transparence. Dans ce contexte, le CPC apparaît davantage comme un outil de gestion politique que comme un véritable levier de transformation.
Une question constitutionnelle centrale
Au cœur des revendications de l’ADDI figure la réforme de la Constitution. Le parti estime que les crises politiques à répétition trouvent leur origine dans une Loi fondamentale contestée et régulièrement modifiée sans consensus.
Cette exigence d’une Constitution « acceptée par tous » soulève la question plus large de la légitimité des institutions. Pour l’opposition, le silence du pouvoir dirigé par Faure Essozimna Gnassingbé sur ce sujet alimente les doutes quant à une véritable volonté de réforme.
Dans son communiqué, l’ADDI conditionne désormais son retour au CPC à la prise en compte effective de ses propositions. Une position qui souligne les limites actuelles du dialogue politique.
Entre volonté affichée d’apaisement et restrictions constatées sur le terrain, le processus semble confronté à une contradiction de fond, fragilisant sa crédibilité et ses chances d’aboutir à un consensus durable.


