Le gouvernement sénégalais a présenté lundi un plan de développement ambitieux sur 25 ans, destiné à renforcer la souveraineté économique du pays et à promouvoir une gestion durable des ressources et une bonne gouvernance. Ce programme stratégique, lancé quelques mois après la victoire écrasante du président Bassirou Diomaye Faye à l’élection présidentielle, vise à transformer l’économie sénégalaise en misant sur la diversification, la compétitivité et l’amélioration des conditions de vie de la population.
Le président Faye, lors de la cérémonie de lancement, a souligné que le Sénégal ne pouvait plus se contenter d’un modèle basé uniquement sur l’exportation de matières premières, sans transformation locale significative. « Notre économie doit devenir résiliente, diversifiée, et portée par un secteur privé solide », a-t-il déclaré. Cette réforme économique vise à inverser la tendance actuelle, où une grande partie des jeunes talents peine à trouver des opportunités dans le pays, favorisant ainsi la fuite des cerveaux.
Dans ce contexte, le Sénégal a franchi une étape importante en devenant producteur de pétrole depuis juin, et la production de gaz naturel est prévue pour la fin de l’année. Ce virage énergétique pourrait jouer un rôle central dans la transformation de l’économie nationale. Pour assurer une meilleure gestion de ces ressources, Faye avait ordonné un audit des contrats pétroliers et miniers dès le début de son mandat, même si peu d’informations ont été communiquées à ce sujet.
La première phase du plan, qui s’étendra de 2025 à 2029, nécessitera un investissement de 30,1 milliards de dollars. Elle a pour objectif de ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB, en s’appuyant sur une croissance annuelle moyenne de 6,5 %. Le plan sera financé par des partenariats public-privé et un mix de financements publics et privés.
Le gouvernement ambitionne également d’atteindre l’autosuffisance énergétique en augmentant l’accès à l’électricité à 100 %, contre 84 % actuellement. Par ailleurs, une restructuration de la dette nationale est prévue pour mieux gérer le déficit public, dans un contexte où les recettes de l’État ont considérablement diminué durant l’année.
En parallèle, le président Faye, qui fait face à une pression croissante des jeunes marginalisés qui avaient largement soutenu son élection, a pris la décision de dissoudre l’Assemblée nationale le mois dernier. Cette décision, motivée par le besoin d’une nouvelle majorité parlementaire, pave la voie à des élections législatives anticipées, prévues pour le 17 novembre prochain.
@TogoRegard


