Le dialogue entre l’État et le secteur privé poursuit sa dynamique au Togo. Réunis ce lundi 6 juillet à Lomé dans le cadre du Comité technique de concertation du Comité de concertation État-Secteur privé (CCESP), les représentants du gouvernement et du patronat ont fait le point sur les réformes en cours, les défis auxquels sont confrontées les entreprises et les perspectives économiques du pays.

Au nom du secteur privé, le président du Conseil national du patronat du Togo (CNP), Laurent Coami Tamegnon, a salué les efforts engagés par les autorités pour améliorer le climat des affaires. Il a notamment évoqué les progrès réalisés grâce au dialogue public-privé, la mise en place des comités de concertation régionaux ainsi que la prise en compte de plusieurs propositions formulées par les entreprises, notamment dans le domaine fiscal.
Tout en réaffirmant son adhésion à la vision « Protéger, Rassembler, Transformer », le patronat a toutefois attiré l’attention du gouvernement sur quatre préoccupations jugées prioritaires : la mise en place effective des commissions de recours, l’accélération du paiement de la dette intérieure, le règlement définitif de la question des taxes sur les entreprises de télécommunications, de l’internet et de la communication électronique (TETIC), ainsi que la hausse des loyers appliqués dans la zone portuaire.
Au cours de la rencontre, Laurent Coami Tamegnon a également rendu hommage à Jonas Daou, ancien président de l’Association des grandes entreprises du Togo (AGET), avant de souhaiter plein succès à son successeur, Charles Gaffan, appelé à poursuivre les efforts de concertation entre les grandes entreprises et les pouvoirs publics.
Prenant la parole, le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, a réaffirmé que le secteur privé demeure un partenaire essentiel du développement économique national. Citant le Président du Conseil, il a rappelé que la collaboration avec les entreprises constitue « une nécessité impérieuse » pour atteindre une croissance durable et inclusive.
Le ministre a salué les investissements réalisés par les opérateurs économiques, les emplois créés ainsi que leur contribution aux performances macroéconomiques du pays. Il a notamment évoqué les résultats positifs enregistrés dans le cadre du programme soutenu par le Fonds monétaire international (FMI), ainsi que l’amélioration des perspectives économiques du Togo confirmée par plusieurs agences de notation.
Sur les préoccupations soulevées par le patronat, Essowè Georges Barcola a apporté plusieurs précisions. Concernant les commissions de recours, il a indiqué que leur mise en place interviendra prochainement, les propositions de nomination ayant désormais été finalisées.
S’agissant de la dette intérieure, le ministre a reconnu qu’elle constitue un frein pour les entreprises. Il a assuré que le gouvernement poursuivra les efforts déjà engagés afin d’accélérer son apurement avec pour objectif de régler cette question avant la fin de l’année.
À propos des TETIC, le ministre a estimé que le dossier était désormais résolu, soulignant que les dispositions adoptées par le Togo sont plus favorables que celles observées dans plusieurs pays de la sous-région.
En revanche, sur la hausse des loyers dans l’enceinte du Port autonome de Lomé, il a reconnu ne pas disposer de tous les éléments d’appréciation et s’est engagé à examiner le dossier avant de se prononcer.
La session a également été enrichie par deux communications techniques. La première, présentée par le directeur général des Affaires économiques, a dressé un état des lieux de la conjoncture nationale et internationale, mettant en avant la résilience de l’économie togolaise dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques. L’exposé est revenu sur les indicateurs ayant permis au Togo d’accéder à la catégorie des pays à revenu intermédiaire.
La seconde communication, assurée par un représentant de l’Agence nationale de gestion de l’environnement (ANGE), a porté sur les enjeux climatiques et environnementaux. Les échanges ont mis en évidence l’importance d’intégrer les questions environnementales dans les politiques économiques, tout en soulignant les opportunités offertes par les financements verts et les investissements durables.

Au terme de cette rencontre, gouvernement et secteur privé ont réaffirmé leur volonté de maintenir un dialogue permanent afin d’améliorer le climat des affaires, renforcer la compétitivité des entreprises et soutenir une croissance économique inclusive. Les prochains mois permettront de mesurer la traduction concrète des engagements pris lors de cette session.


