La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, continue de renforcer son secteur de transformation du cacao et pourrait bientôt céder une part supplémentaire de sa société Transcao au groupe malaisien Guan Chong Berhad (GCB). Cette décision s’inscrit dans une stratégie visant à attirer davantage d’investissements étrangers et à acquérir une expertise accrue pour soutenir la transformation locale, un secteur délicat pour le développement économique du pays.
Le 11 octobre 2024, Guan Chong Berhad, via sa filiale singapourienne, a finalisé l’acquisition d’une participation de 25 % dans Transcao, une entreprise publique de transformation de cacao ivoirienne. Cette opération a été validée par le Conseil du Café-Cacao (CCC), l’autorité régulatrice du secteur. Yves Brahima Koné, directeur général du CCC, a souligné que cette transaction n’était qu’une étape vers des ambitions plus vastes, et que la Côte d’Ivoire était ouverte à une augmentation de cette participation à l’avenir.
Transcao joue un rôle clé dans la stratégie de transformation du cacao en Côte d’Ivoire, un domaine où le pays cherche à se renforcer depuis plusieurs années. Actuellement, la plupart de sa production de cacao est exportée sous forme de fèves brutes, générant ainsi des revenus limités. Cependant, avec des entreprises comme Transcao, qui dispose déjà d’une usine active de 50 000 tonnes métriques par an, la Côte d’Ivoire entend changer la donne et augmenter sa capacité à ajouter de la valeur au cacao localement. En 2025, cette capacité devrait atteindre 190 000 tonnes grâce à une nouvelle usine actuellement en construction.
Le partenariat avec GCB, un acteur majeur du marché asiatique, offre plusieurs avantages stratégiques à la Côte d’Ivoire. D’abord, cela ouvre une porte vers l’Asie, un marché en pleine expansion pour le chocolat et les produits dérivés du cacao. Ensuite, GCB apporte une expertise technique précieuse, qui pourrait accélérer la montée en compétence des entreprises ivoiriennes dans le domaine de la transformation. Yves Brahima Koné a également souligné l’importance de la dimension formation de ce partenariat. Plusieurs Ivoiriens intégreront les équipes techniques et commerciales de GCB pour apprendre les meilleures pratiques du secteur et contribuer à la maîtrise des processus de transformation.

La transformation locale du cacao est un enjeu de premier plan pour la Côte d’Ivoire. En plus de permettre une diversification des exportations, cela pourrait générer des revenus plus importants pour l’État tout en créant des emplois locaux dans un secteur qui en a grand besoin. Ces dernières années, le gouvernement ivoirien a mis en place une série de mesures incitatives pour attirer les investisseurs, dont des exonérations fiscales, afin de faire de la Côte d’Ivoire une véritable puissance de transformation du cacao. La capacité actuelle de transformation installée dans le pays dépasse déjà les 800 000 tonnes, mais les ambitions gouvernementales visent à dépasser le million de tonnes dans les deux prochaines années, une fois que toutes les usines actuellement en construction seront pleinement opérationnelles.
Pour Guan Chong Berhad, cette acquisition représente une opportunité d’étendre ses activités sur le continent africain, tout en sécurisant un approvisionnement stable en cacao de qualité. Avec une demande croissante en Asie pour le chocolat et les produits à base de cacao, GCB pourrait bénéficier de cet accès direct à la matière première, tout en renforçant ses positions sur le marché mondial.
En parallèle, le renforcement des capacités de transformation en Côte d’Ivoire pourrait également améliorer la position du pays dans les négociations internationales sur les prix du cacao. Avec une plus grande capacité à transformer localement, la Côte d’Ivoire pourrait mieux résister aux fluctuations des prix des matières premières, en maximisant la valeur ajoutée de ses produits finis.
Ainsi, ce rapprochement avec un acteur clé de l’industrie en Asie pourrait être le levier qui permettra à la Côte d’Ivoire de réaliser pleinement son potentiel dans la chaîne de valeur mondiale du cacao.


