Ordinateurs portables ouverts, téléphones en main et regards attentifs, une trentaine de journalistes ont troqué, le temps de trois jours, leurs salles de rédaction contre une salle de formation. Leur mission n’est pas de couvrir l’actualité, mais d’apprendre à se défendre contre un ennemi devenu invisible : les cybermenaces.
À l’heure où le numérique occupe une place centrale dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information, les professionnels des médias sont de plus en plus exposés aux attaques informatiques. Piratage de comptes, vol de données, usurpation d’identité, rançongiciels ou campagnes de désinformation figurent désormais parmi les risques qui pèsent sur leur quotidien.

Consciente de ces enjeux, l’Agence Nationale de la Cybersécurité (ANCy) a initié ce 7juillet 2026 à Kpalimé, une formation consacrée à la cybersécurité et à l’hygiène numérique afin de doter les journalistes des réflexes indispensables pour protéger leurs informations, leurs équipements et leurs sources.
En ouvrant les travaux, M. Didemana Nangbam, directeur de la Réglementation et du Contrôle de Conformité à l’ANCy, représentant le directeur général de l’Agence, a rappelé que la transformation numérique, bien qu’elle facilite le travail journalistique, impose également de nouvelles exigences en matière de sécurité.
« Les journalistes manipulent chaque jour des informations sensibles et entretiennent des échanges confidentiels avec leurs sources. Ils font donc partie des cibles privilégiées des cybercriminels », a-t-il souligné. Pour lui, renforcer leur culture de la cybersécurité revient aussi à renforcer la confiance dans l’information et la résilience numérique de la société.
Pendant trois jours, les participants alterneront entre exposés théoriques, démonstrations et exercices pratiques. Ils apprendront notamment à reconnaître les tentatives de phishing, à sécuriser leurs comptes et leurs appareils, à protéger leurs données personnelles ainsi qu’à adopter des gestes simples mais essentiels pour naviguer en toute sécurité.
L’objectif, précisent les organisateurs, n’est pas de transformer les journalistes en experts de la cybersécurité. Il s’agit plutôt de leur transmettre les bons réflexes afin qu’ils puissent exercer leur métier avec davantage de sérénité dans un environnement numérique où les menaces évoluent sans cesse.
L’animation de cette session est assurée par les experts de Cyber Defense Africa, partenaire technique et opérationnel de l’Agence nationale de la cybersécurité. À travers cette collaboration, les deux structures poursuivent un même objectif, qui est celui de renforcer les capacités des acteurs de l’information et promouvoir une véritable culture de la cybersécurité.

Au-delà de la formation elle-même, cette initiative rappelle une évidence : protéger l’information commence par protéger celles et ceux qui la produisent. Dans un monde où les attaques numériques se multiplient, la vigilance devient désormais une compétence aussi essentielle que la recherche de l’information.
Raina LARE/TogoRegard


